Le village et son histoire

Saint-Martin de Villeréal se trouve à la pointe extrême Nord-Est du Lot-et-Garonne et donc limitrophe à la Dordogne. L'histoire du village est inscrite dans celle de la rivière qui traverse la commune: Le Dropt, qui prend sa source à Capdrot en Dordogne, à moins de 10 Kms, et se jette dans la Garonne à Caudrot en Gironde après un parcours de 132 kms dans une vallée  bordée de champs superbement cultivés de céréales et de tabac, de vignobles et de vergers, de prairies, de bois de chênes et de châtaigniers...Paysages de calme, de mesure et d'harmonie...
Telle est "la vallée du Dropt" que le poète latin Sidoine Apollinaire décrivait comme
 «une image du paradis»...!

Au Moyen-Âge, la vallée a une position stratégique entre Périgord anglais et Agenais français. Le village qui s'appelait alors Saint-Martin du Drot situé à 8 Kms de Monpazier et 7Kms de Villeréal était au coeur de ces affrontements. Les deux camps jalonnent la vallée de villes nouvelles, les «Bastides» : Françaises de Castillonnès(1259), Villeréal(1267), Eymet(1270), Anglaises de Monségur(1265), Monpazier(1284). 

Grâce au Dropt, la vallée a aussi une autre histoire; économique cette fois. On croyait possible, en rendant navigable le Dropt, de faire communiquer la Dordogne avec la Garonne, de relier par une voie courte, sûre et peu coûteuse, le Périgord aux Landes, Bergerac à Bordeaux.
Extraits des archives de la Compagnie de navigation du Drot (1850)
«Il n'y a pas de pays plus riche que cette vallée. Ce ne sont partout que prairies, terres à chanvre ou à blé. Sur les plateaux, également bien cultivés, les céréales et la vigne ont depuis bien longtemps remplacé les forêts qui les occupaient primitivementOn y remarque des plantations considérables d'arbres fruitiers et surtout des pruniers d'ente. Peu de bois, peu de communaux, pas un hectare de landes ou de terres en friche; partout, au contraire, de belles cultures avec la petite propriété, signe infaillible de la fertilité du sol et de l'aisance des populations
Dans la réalité, 66 barrages pour 75 moulins, et après moult péripéties et entreprises, ce chantier disproportionné aux besoins, conduira à un échec économique. 

Le Dropt est redevenu aujourd'hui une rivière paisible où circulent seulement quelques barques de pêcheurs et des canoës-kayaks. Saint-Martin a conservé quelques moulins transformés,après restauration, en résidences principales. 
«Ainsi la beauté du climat, la salubrité du pays, la fertilité des terres, une rivière, tout ce qui fait les populations riches et florissantes par l'agriculture, l'industrie ou le commerce» est encore aujourd'hui le point fort de la vallée. Les gens d'ici pratiquent un art de vivre "à l'ancienne" :

  • art du compromis entre travail et plaisirs(la chasse à la palombe, la cueillette des cèpes sont des priorités absolues),
  • ​art de prendre le temps de vivre(et de nos jours c'est même un privilège),
  • art de la convivialité et de la solidarité.

Il existe, ici en vallée du Dropt, une véritable "culture du marché". C'est l'occasion (le Jeudi à Monpazier, le Samedi matin à Villeréal...) pour les Saint-martinoises et Saint-Martinois, en plus de faire travailler en circuit court les producteurs locaux, de se rencontrer et d'échanger les nouvelles. Pendant la saison touristique, des marchés "fermiers" proposent la production agricole locale. 
Il ne faut pas manquer de se mêler à ces rassemblements pour découvrir "les gens d'ici".

"Les Lot-et-Garonnais n'ont pas de traits excessifs, ce qui ne les empêche pas d'avoir du caractère.
Ils seraient bons vivants sans être rabelaisiens, hommes de mesure sans être tout à fait flegmatiques, aimant la parole sans verser dans la galéjade.
Ils bénéficient d'un passé très riche mais ne manifestent pas un goût exagéré pour leur patrimoine.
Ils sont fiers d'être ce qu'ils sont, mais sans chauvinisme".... (ceci s'applique à toute la vallée du Dropt)".
 Pierre Sansot - Confluent - déc 96